Sortir de sa zone de confort

« Con-gra-tu-la-tions ! »

Je ne sais pas combien de fois j’ai répété ce mot anglais si compliqué pour moi ! Il faut dire que j’avais intérêt à le faire après avoir accepté une invitation qui me sortait de ma zone de confort… in English, please! Autopsie d’un défi qui s’est avéré une leçon de vie.

Le 7 avril dernier, j’ai eu le grand honneur d’être maître de cérémonie au gala du Temple de la renommée paralympique canadien et des prix du sport 2017 qui se tenait à Ottawa. Le défi était de taille puisque l’animation se devait d’être bilingue. Cette opportunité se présentait à moi ; il n’était pas question d’échouer et de ne pas me préparer.

Je suis né au Saguenay – Lac-Saint-Jean et j’ai appris l’anglais au contact de l’équipe nationale lorsque je faisais de la compétition. Même si j’ai étudié à l’université Bishop’s, j’ai toujours travaillé fort pour améliorer mon anglais. Mon gros accent en a fait sourire plus d’un. Vous connaissez l’expression : Yes, no toaster avec un gros accent du Grand Nord québécois ? Comme j’ai peu d’occasions de parler anglais, me retrouver dans un milieu anglophone exige un temps d’adaptation.

« Quand on se rend compte tout à coup qu’on va sortir de scène non pas la tête haute, mais la queue entre les jambes, ça donne un coup à l’amour-propre .»

Avoir de l’assurance est une qualité, mais prendre sa préparation à la légère parce qu’on se dit qu’on est bon là-dedans et qu’il n’y a rien là, c’est un choix. Jusqu’au moment où on a l’impression tout à coup d’avoir une patate chaude dans la bouche, de manger les syllabes devant un auditoire dont tous les yeux sont rivés sur vous, on se sent seul. Quand on se rend compte tout à coup qu’on va sortir de scène non pas la tête haute, mais la queue entre les jambes, ça donne un coup à l’amour-propre. Oui, ça m’est arrivé et dans ma langue maternelle en plus ! Personne n’aime se planter et le jour où ça se produit, on a le choix entre se faire croire qu’il ne s’est rien passé, s’écraser, mettre le blâme sur les autres ou se retrousser les manches.

Lorsque l’on accepte un nouveau défi qui nous amène hors de notre zone de confort, on a immanquablement peur de l’échec. On perçoit l’échec comme une faute impardonnable ou honteuse plutôt que comme un geste ou un événement qui amène au succès. Est-ce qu’un bébé a appris à marcher sans tomber ?

Lorsqu’on se retrouve devant la foule, sur une scène, la peur du jugement des autres s’ajoute à la peur de l’échec. À la veille de ce grand défi, je me suis donc retroussé les manches, préparé en conséquence et je me suis fait confiance.

Se donner les outils de réussir

Prendre conscience des choix qui nous amènent à sortir de notre zone de confort est primordial. Il n’est pas facile d’identifier nos faiblesses, car nous n’avons pas nécessairement toutes les connaissances pour les cerner ou peut-être que notre ego est trop gros pour les accepter. Cependant, nous avons tous une vague idée de ce que nous pouvons améliorer. Dans mon cas, je savais que je bafouillais en lisant à voix haute certains mots compliqués. Je me suis donc discipliné à les répéter jusqu’à ce qu’ils soient fluides à l’écoute.

Votre petite voix intérieure vous parle : maîtrisez-là !

Ne sous-estimez pas la puissance de votre petite voix intérieure : assurez-vous qu’elle soit positive, qu’elle vous encourage, qu’elle vous dise de persévérer, que vous allez y arriver et que tout va bien aller. Répondez à vos démons intérieurs, ceux qui vous font hésiter : est-ce que je vais réussir ? Oui, je vais réussir et je vais avoir du plaisir ! Est-ce que je me suis suffisamment préparé ? Oui et je connais le plan de match et les endroits où je dois redoubler de concentration !

Notez les phrases ou les enchaînements qui vous posent problème. Travaillez-les, donnez-vous des repères pour les réussir ! Ce sont ces mots-là qui vous viendront spontanément à l’esprit quand vous serez dans le feu de l’action, quand le stress et la pression seront au maximum. Et si vous vous trompez, ce n’est pas grave ; vous ferez mieux la prochaine fois.

Quand vous aurez le sentiment que vos devoirs seront faits, plongez ! Le vendredi 7 avril dernier, je l’ai fait. Suis-je content ? Oui. Était-ce parfait ? Non. Est-ce que je pourrais m’améliorer ? Oui, je sais que la vie est un processus d’amélioration continue. Même chose pour vous : une fois votre défi réalisé, dites-vous fièrement : fé-li-ci-ta-tions ! Et ne vous privez pas de répéter ce mot-là aussi, c’est bon pour le moral et ça fait plaisir à entendre !

Un gros merci au Comité paralympique canadien et à l’équipe de Martin Richard qui m’a fait une place de choix dans le déroulement de cette soirée. Très heureux de pouvoir contribuer au rayonnement de mon alma mater !  

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